Operation SERVAL

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Operation SERVAL 01.10.2013 02:30

Pour se faire une idée de l'engouement et de l'émotion qui animaient, le lundi 13 mai, les N'Djaménais à la suite du retour des soldats tchadiens engagés dans le conflit contre les islamistes au Mali, il suffit de rappeler le nom romantique qu'ils leur ont trouvé : Fatim. C'est aussi le diminutif de toutes les ravissantes Fatoumata [prénom féminin, équivalent de l'arabe Fatima], nombreuses en Afrique de l'ouest. Mais chez les Tchadiens, cela veut plutôt dire "forces armées tchadiennes en intervention au Mali". C'est dire toute la fierté que N'Djamena associe aux quelque 2 000 soldats partis épauler la France et d'autres pays africains en vue de débarrasser le Mali des terroristes islamistes qui risquaient de s'emparer de Bamako.

Mais, de l'avis des observateurs, la parade et les honneurs réservés au contingent symbolique de ce retour ne sont point immérités. Aux côtés de la France, les troupes tchadiennes ont administré des coups fatals aux terroristes du Mujao [Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest, lié à Al-Qaida], d'Ansar Dine [salafistes] et d'Aqmi [Al-Qaida au Maghreb islamique]. Par ailleurs, les honneurs sont d'autant plus mérités que les soldats d'Idriss Déby y ont perdu 36 de leurs camarades d'armes tandis que 74 hommes en reviennent avec des blessures plus ou moins graves. Mais, au-delà de cet aspect, le président tchadien avait certainement à cœur de capitaliser cette bravoure.

C'est ainsi que la capitale tchadienne avait hier des allures de fête. La journée avait été décrétée chômée, fériée et payée. Les populations réquisitionnées pour former une haie le long de la voie que devaient emprunter les quelque 400 véhicules blindés transportant les 700 soldats constituant le premier contingent de ce retrait progressif. Les diplomates, eux aussi, avaient été mobilisés. Chants et danses ont accueilli les troupes tchadiennes.

Un renouveau politique et diplomatique pour Idriss Déby

On peut imaginer que cette mobilisation n'était pas que spontanée. Cependant, on aura tout de même remarqué un enthousiasme chez certains qui ne semblaient point simulé. Il en est ainsi de ceux qui ont bravé la protection policière pour se hisser au sommet de certains chars. Il est vrai que quand son armée s'est montrée aussi digne que l'ont été les troupes tchadiennes déployées au Mali, il y a de quoi en être fier, et de manière tout à fait sincère.

Comme on pouvait s'y attendre, le président a livré un message : celui du leader qui sent qu'il doit son renouveau politique et diplomatique à l'héroïsme de ces hommes, mais aussi au sacrifice ultime de quelques-uns d'entre eux. Son discours était plein de reconnaissance à l'égard des soldats tchadiens. D'ailleurs, à propos de ceux qui sont morts au combat, il a assuré que "la nation tchadienne leur sera éternellement reconnaissante". De même, promet-il, "le 13 mai deviendra désormais Journée de recueillement et de reconnaissance". Autant de mots et expressions pour apaiser les souffrances de ceux qui ont perdu les leurs dans cette guerre contre le terrorisme qui s'était établi dans le nord du Mali et qui menaçait de s'étendre à d'autres régions.

source: Guinée Conakry Info |

  • Boubacar Sanso Barry