Économie et Développement

 Présentation générale

 Le Tchad recèle un important potentiel économique, notamment des ressources pétrolières mises actuellement en valeur par le groupe américain Exxon (Esso). Toutefois des contraintes fortes pèsent encore sur le développement de l'économie dominée par le secteur primaire, en raison de la faiblesse des infrastructures, de l'absence d'un tissu industriel, de la place prépondérante du secteur informel, d'un système financier embryonnaire, et de l'insuffisance en ressources humaines et capacités de gestion.

Les performances économiques, en s'améliorant sur le moyen terme avec un redressement substantiel des recettes budgétaires courantes et une reprise des concours extérieurs (l'aide internationale atteint en moyenne annuelle 12% du PIB), n'ont pas encore réussi à faire reculer la pauvreté de manière significative. D'autant que le regain d'activité représenté par les projets pétroliers, s'il a notamment dynamisé le secteur du bâtiment, a entraîné une inflation notable.

 PipelineLes prévisions accordant au Tchad le 4ème rang de producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, avec un revenu correspondant à 12,5% des royalties sur le pétrole extrait, laissent entrevoir, pour ce pays classé au 167ème rang sur l'échelle de développement humain, la possibilité d'accéder à un développement durable au cours des deux prochaines décennies.

 Agriculture

 L'agriculture occupe 75% de la population active et contribue pour 37% au PNB du pays.    Avec 20 millions de terres arables, dont seulement 10% sont cultivés, et 5,6 millions de terres irriguées, le Tchad recèle le plus important potentiel agricole de la sous-région sahélienne. La production est cependant soumise aux aléas climatiques et aux variations de l'environnement international. Le coton, première culture d'exportation, représente le quart des recettes du pays (140.000 tonnes produites en 2000) et l'activité de la filière concerne près d'un million de personnes. Le Tchad produit également des céréales (sorgho, mil, riz, maïs), arachides, canne à sucre, tabac et tubercules.

Le pays est par ailleurs second exportateur mondial de gomme arabique, après le Soudan, avec une part de marché de 29%. Utilisé dans une large gamme de produits industriels, pharmaceutiques et alimentaires, l'essentiel de la production tchadienne est importé, et en partie réexporté, par la France.

Un cheptel (bovin, ovin, caprin) de plus de 12 millions de têtes place l'élevage (12% du PIB) au second rang des recettes d'exportation (le Nigeria étant le principal destinataire de bétail sur pied) tandis que cette activité occupe près de 40% de la population. La pêche en eau fluviale et dans le lac Tchad permet la commercialisation régionale de poisson séché ou fumé

 Énergies et Industries 

Deby-pipelie Ce secteur occupe 10% de la population active et contribue pour 16% au PNB du pays.

 Le sous-sol tchadien serait détenteur de nombreuses ressources   (uranium, tungstène, étain, fer, or, ...). Actuellement, seule  l'exploitation du pétrole permet alors au Tchad d'amoindrir considérablement sa dépendance énergétique à l'égard du Cameroun et du Nigeria. Un accord de 1996 avec différentes sociétés étrangères, plusieurs fois remanié, a permis l'exploitation du champ de Doba dans le sud du pays (avec un potentiel de production évalué à environ 250.000 barils/jour), conjointement à la construction d'un oléoduc de 1050 km (dont 880 km au Cameroun) pour l'acheminement vers le port de Kribi.

La réalisation des chantiers de Doba absorberait actuellement entre 3000 et 3700 personnes, dont un quart d'expatriés. Est également prévu le développement du projet de Sédigui près du lac Tchad, dont la production est estimée entre 2000 et 3000 barils/jour. Une raffinerie construite en partenariat avec la société chinoise CNPCI approvisionne en produits pétroliers depuis 2010 dont la capacité est estimée a 20000 barils/j.

Le secteur manufacturier, peu diversifié, reste concentré par quelques entreprises phares : Coton Tchad, la Compagnie sucrière du Tchad, la Manufacture de cigarettes du Tchad, les Brasseries de Logone.

 Services

Les services occupent 30% de la population active et contribuent pour 47% au PNB du pays.Les services de l'État, premier employeur du pays, comptent 30.000 fonctionnaires.

Créée en 1998, opérationnelle en 2000, la Société tchadienne de télécommunications (SOTEL) regroupe la totalité des services de télécommunications et emploie environ 500 personnes. En décembre 2002, le parc tchadien totalisait 23.000 abonnés (dont 11.000 fixes). Depuis 2000, deux opérateurs privés, Airtel Tchad et Tchad Mobil, bénéficient d'une licence d'exploitation de téléphonie mobile.

 La Société tchadienne d'Eau et d'Électricité (STEE), propriété de l'état à 80% mais en voie de

privatisation, assure la production, le transport et la distribution de l'eau et du courant électrique avec un effectif sensiblement identique à celui de la SOTEL.

Pays enclavé et dépourvu de réseau ferroviaire, le Tchad est confronté à un déficit d'infrastructures de transports. Fin 2002, la rénovation du réseau routier, désormais assurée par la SNER (Société nationale d'entretien routier, privatisée en 2002) porte sur 1200 km de routes bitumées et 5000 km de routes secondaires.